Se transformer soi-même pour transformer le monde

Jan 12, 2021

«La crise actuelle n’est pas seulement écologique. C’est notre intériorité qui va mal.» Responsable du laboratoire de la transition intérieure, créé à Lausanne il y a un peu plus d’un an par l’ONG Pain pour le prochain, Michel Maxime Egger développe des formations et conférences pour renouer avec la dimension sacrée de l’être humain et de la nature. Et avec la joie, définitivement.

Texte : Muriel Raemy, paru dans moneta 4/2017

 

 Pain pour le prochain est une ONG issue des Eglises protestantes. Créée au début des années 1970, elle s’engage au Sud pour une transition vers de nouveaux modèles agricoles et économiques. En Suisse, Pain pour le prochain mène des campagnes de sensibilisation auprès de la population, avec Action de Carême, dans les semaines précédant Pâques. Elle s’active également dans le lobbying et en faveur de l’initiative pour des multinationales responsables. Pour Daniel Tillmanns, responsable de la communication à Pain pour le prochain, l’engagement politique seul a ses limites. «Nous sommes convaincus de la nécessité d’un changement fondamental de notre manière de voir le monde. Les crises économiques et écologiques manifestent un mal-être profond. Militer pour des changements de consommation – la campagne contre l’utilisation d’huile de palme par exemple – ne suffit plus.» D’où l’idée, en août 2016, de fonder le laboratoire de la transition intérieure.

 

Du politique au spirituel

«Nous ne pouvons transformer le monde sans nous transformer nous-mêmes.» Cette conviction porte le responsable du laboratoire, Michel Maxime Egger, depuis de nombreuses années. Nourri par les sagesses issues des différentes traditions religieuses, les penseurs holistiques comme Edgar Morin, Ken Wilber et Sri Aurobindo ou l’agroécologiste Pierre Rabhi, une figure plus contemporaine, ce sociologue devenu écothéologien est inspiré par les mouvements étatsuniens de l’écospiritualité et de l’écopsychologie. Des préfixes «éco» qui réaffirment l’essence de la pensée et de la démarche de Michel Maxime Egger : «Nous faisons partie de la nature. Elle fait partie de nous. Quand nous lui portons atteinte, nous souffrons. Protéger l’environnement ne suffit pas. Il s’agit de passer d’un système économique qui réduit la planète à un stock de ressources à un nouveau système qui vit en harmonie avec le vivant et le respecte.» Un changement de paradigme – ou, selon les mots de son responsable qui reprend les vœux formulés par le Pape François dans son encyclique Laudato sì – une révolution culturelle courageuse : voilà ce que le laboratoire veut encourager et accompagner.