L’écocide devant la justice?

Déc 31, 2020

Des voix s’élèvent tout autour de la planète pour réclamer la ­reconnaissance par la Cour pénale internationale du crime d’écocide. Derrière cette notion juridique encore floue se cache un enjeu de taille: juger les responsables de la destruction massive des écosystèmes à l’échelle mondiale. Est-ce la bonne voie?

Texte : Muriel Raemy, paru dans moneta 4/2020

Écocide: la contraction du grec «oikos» (maison) et du latin «occidere» (tuer) désigne la destruction de notre maison commune, autrement dit la Terre. La lutte pour reconnaître le crime d’écocide monte en puissance à l’échelle internationale afin de pouvoir de juger et condamner les personnes, les États ou les entreprises qui déstabilisent les grands équilibres écologiques de la planète. L’enjeu? Une justice punitive, mais surtout préventive – et efficace dans le monde entier. Plusieurs initiatives nationales ont déjà vu le jour. En Allemagne, des activistes du groupe Extinction Rebellion ont bloqué début octobre l’accès au parlement, à Berlin, pour réclamer une loi sur l’écocide. En France, la Convention citoyenne pour le climat l’a inscrite dans les 149 mesures présentées cet été à son gouvernement.
Valérie Cabanes (prononcer Cabanès), une juriste française spécialiste des droits de l’homme et co-fondatrice du mouvement citoyen mondial «End Ecocide on Earth», s’est faite la porte-parole d’une cause pas toujours bien comprise. «Mais je suis patiente. Une cinquantaine d’années sont nécessaires pour faire évoluer les mentalités.» Ça tombe bien, la notion d’écocide a justement cet âge-là. 

Sources

« Un nouveau droit pour la terre, pour en finir avec l’écocide« , Valérie Cabanes, Seuil

« Homo Natura, en harmonie avec le vivant« , Valérie Cabanes, Buchet/Chastel

Stop Ecocide

Objectif Sciences International (OSI)