13 juin désastreux: la lutte continue

Juin 14, 2021

 

Prendre du recul, analyser les raisons d’un échec que je vis comme désastreux, rebondir quand même: tout va très vite.  Je suis en train de digérer la carte de la Suisse servie à la suite des votations d’hier. Beaucoup de rouge par ci, peu de vert par là: cette couleur là s’est transformée en menace anti-libérale pour une majorité de la population. Agriculture sans pesticides: trop chère, climat sans CO2: trop cher, plus de taxes sur la benzine tout en misant sur une diminution du nombre de voitures: impossible.

Les partisans d’une Suisse plus saine au niveau de ses sols et de son air se sont-ils exprimés assez fort? Leur message a pourtant désecurisé une majorité de la population.

Davantage de taxes et d’interdictions ne semble donc pas audible. Les conséquences de  la poursuite de cette trajectoire non plus: piller, gaspiller, polluer va coûter tellement plus cher! 28 économistes l’ont souligné en deux points:

Le changement climatique entraînera d’importants dommages économiques. Le ralentir est un investissement extrêmement rentable.

– Le principe du pollueur-payeur est un principe de base de l’économie. Si les pollueurs ne paient pas les coûts, le marché ne joue pas.

Dina Pomeranz, professeur d’économie à l’Université de Zurich affirme encore: « La recherche économique montre clairement que de telles taxes incitatives conduisent à l’innovation et à des changements de comportement. Cela en vaut la peine, car par ce moyen, nous pouvons éviter les dommages économiques majeurs causés par le changement climatique. »

Les scientifiques qui rappellent l’urgence d’une loi qui régule le CO2 afin d’atteindre la neutralité carbone à 2030 si possible (projection pour la Suisse: 23 % de réduction d’ici 2030!!!) ont trouvé un auditoire plus réceptif au sein du G7, qui, le même weekend, s’est engagé à réduire  ses émissions de moitié d’ici 2030.

Tout n’est pas perdu. Je vois poindre de nouvelles initiatives, de nouveaux combats. Il reste à trouver les mots pour tisser la trame d’un dialogue où chacun peut exposer sa vision de l’avenir. Je souhaite simplement que la nature et que les générations futures aient leur mot à dire. Un effort d’imagination est indispensable. Osons rêver une Terre saine, verte, juste!